L'association Front de Gauche Montigny a organisé une conférence de presse jeudi 14 avril à 18h30, au café Le France du centre commercial Carrefour.

Elle faisait suite au communiqué du presse publié en réaction à l'annonce, lors du dernier conseil municipal, de la suppression du salon du polar de Montigny-lès-Cormeilles pour l'année 2016.

Pour discuter de la question de la culture pour chacun, et plus largement de la question de la politique culturelle sur l'agglomération étaient présents :

Pascal Videcoq, Estelle Auboin, et Olivier Canu, élus au conseil municipal de Montigny-lès-Cormeilles pour le groupe Front de Gauche,
Jean-Michel Ruiz, conseiller régional du Front de Gauche d'Île-de-France,
et des militants du Front de Gauche de Montigny.

 

"Les baisses drastiques des recettes des collectivités locales pèsent douloureusement sur leurs budgets. Nous les dénonçons vigoureusement !

Et sil est évident que nos collectivités doivent agir en fonction de cette situation, nous constatons que, trop souvent, les dépenses culturelles, comme celles de  personnels, servent de variables d’ajustement. Ce sont elles qu’on diminue en priorité.

Dans le Val d’Oise, de nombreux cas sont venus dans l’actualité ces dernières années :

À Cergy-Pontoise, en 2015,  trois structures ont fait les frais de ces économies : le Théâtre 95 dont les ressources ont diminué en 2015 de 10 % sur 2014, la scène nationale l'Apostrophe a été touchée et l'association Nil Admirari, organisatrice du festival Artère publique dont la subvention a été divisée par deux l’an dernier.

À Herblay, la MJC a vu la suppression de la subvention de 228.000 euros par an et de ses locaux.

À Ermont, le Théâtre de l’Aventure est menacé de fermeture en juin.

À Montigny,   le conseil municipal du 31 mars a acté la suspension du Salon du polar.

Nous ne comprenons pas que cette décision ait été prise sans concertation aucune avec tous les intervenants de cette manifestation : enseignants, parents d’élèves, associations, élus, personnels. A-t-on réuni le conseil municipal des enfants pour leur expliquer la suppression des « P’tits Polars » ?

Nous ne comprenons pas son annonce au conseil du 31 mars alors que rien n’a été dit lors du Débat d’orientation budgétaire au conseil du 26 février !

Nous ne comprenons pas que l’on puisse qualifier d’ « événement d’abord commercial » cette manifestation culturelle comme l’a dit le Dr Benhaïm au conseil du 31 mars.

Quelle conception de la culture désirons-nous pour nos populations ?

Depuis 1998 des dizaines de milliers de visiteurs ont eu accès aux livres, aux auteurs, ils ont pu participer à des débats multiples avec des intervenants de qualité.

Depuis 2004 des centaines d’élèves de Montigny ont participé à l’écriture des « P’tits Polars » avec des écrivains et des dessinateurs, touchant du doigt la création littéraire, l’édition, avec leurs enseignants et les autres élèves de leurs écoles.

Est-ce là une simple manifestation commerciale ?

 

En ce moment a lieu le débat public sur le projet pharaonique d’EuropaCity sur le triangle de Gonesse. Il est présenté comme « le plus important projet d’aménagement culturel et commercial en Europe » et soutenu par de nombreux élus de droite du département. La culture passerait maintenant par la fréquentation de gigantesque parc d’attraction ?

Est-ce que c’est  là toute notre ambition pour la culture ?

Le Dr Benhaïm veut « du très lourd » en culture.  Qu’entend-il par-là ? 
Pour le spectacle d’un humoriste le 2 avril, les places étaient à 35 euros et 30 euros pour les Ignymontains, 120 euros pour une famille de 4 personnes !

Les familles de Montigny ont des revenus plus faibles que la moyenne, nous avons des populations touchées par le chômage, la précarité, les salaires très bas, des loyers difficiles à honorer. Si « le très lourd » consiste à leur offrir un spectacle dont le prix familial représente 10% du smic, ces familles pourront-elles se les offrir ?

Enfin les chiffres annoncés varient suivant les déclarations : le salon coûte 200 000 euros a-t-il été annoncé lors du conseil du 31, dont la moitié à la charge de la ville.  Dans la Gazette, « sur 180 000 euros… la ville paye de 80 à 90 000 euros ».  Le journal municipal, quant à lui, évoque une économie de 134 000 euros. Quelle est la charge réelle de la commune, 80 000, 100 000, 134 000 euros ? Qu’en pensent les partenaires et sponsors qui participaient ? Le P’tit Polar couterait 15 000 euros. Est-ce le coût total ou la part de la municipalité ? Quelle est la participation des sponsors ?

Tout cela pose la question de la conception de la culture que nous voulons pour notre ville. Voulons-nous nous contenter de rassembler quatre fois par ans 1000 personnes (dont combien viendront de Montigny, d’ailleurs ?) dans une salle des fêtes pour un spectacle passif – si bien soit-il ?

Ou préférons-nous donner des moyens pour que nos concitoyens participent eux-mêmes, touchent du doigt, par eux-mêmes, ce qu’est « faire la culture ». C’est plutôt cette orientation qui nous intéresse. Permettant du même coup, l’accès à la culture pour tous et l’accès à la culture pour chacun.

La culture coute de l’argent. Elle n’est pas rentable, ça tout le monde le sait ! On se souvient de ceux qui parlaient de « supplément d’âme ». C’est d’ailleurs pour cela que les associations caritatives comme le Secours catholique ou le Secours populaire en font un axe essentiel de leur action en direction des populations défavorisées. 

Pour ces raisons, nous allons nous adresser aux intervenants du Salon : enseignants, parents, personnels, bibliothécaires, auteurs, illustrateurs.

Nous voulons leur proposer un vrai débat public sur ces questions.

Nous voulons examiner avec eux les alternatives possibles afin que le livre conserve sa place dans l’action culturelle de notre ville. Nous nous adressons aussi aux forces politiques de notre ville.

Et nous n’oublions pas le rôle que pourrait jouer l’agglomération.  Car pourquoi ce Salon du polar,  qui a eu un retentissement quasi national avec Robert Hue, ne pourrait-il pas être le cœur d’une initiative sur le livre rassemblant nos villes du Parisis ?"

Montigny-lès-Cormeilles, le jeudi 14 avril 2016