M. le Maire, chers collègues,

A la lecture du document, on voit très vite qu’il n’y a pas d’information et pas de réelle orientation politique claire. Pourtant, Montigny-lès-Cormeilles est une ville, qui depuis 1977, a marqué le paysage du Parisis. Elle fait figure de ville solidaire avec une dimension culturelle pour tous. Elle porte des priorités éducatives, sportives et associatives, elle a su se mobiliser pour faire reculer les injustices et développer le vivre ensemble avec notamment les batailles :

  • avec les locataires contre le rappel de charges de plusieurs milliers d’euros de l’OPDHLM dans les années 90.
  • pour obtenir un poste de Police de plein exercice et des policiers, cette exigence est malheureusement toujours d’actualité.
  • Pour maintenir les services publics dans le village, la poste, la réfection de la mairie, le maintien des services.
  • Contre les expulsions locatives.
  • Contre les suppressions de classes.

Le document d’orientation qui nous est donné ce soir présente les contraintes imposées par la loi de finance de manière factuelle et sans critique. Or, l’effort demandé aux collectivités territoriales est de 11 milliards d’ici à 2017 sur les 50 milliards de restriction budgétaire, soit 22% sur 3 ans.  C’est énorme, injuste et insupportable.

Il faut noter que les cadeaux aux entreprises se font essentiellement par des baisses de cotisations patronales. Parallèlement, les collectivités territoriales voient leurs cotisations augmenter. Il aurait été souhaitable de savoir ce que cela représente pour la ville. D’autant plus, qu’il n’y a aucun organisme indépendant mis en place pour vérifier que ces cadeaux fiscaux soient compensés par de réelles créations d’emplois. Nous doutons de la volonté du MEDEF de le faire. Et les derniers chiffres du chômage confirment nos craintes.

Une fois de plus l’argent public va aller dans les poches des actionnaires.

Nous voudrions connaitre l’évolution quantitative et qualitative des demandes d’aides sociales, car Montigny n’échappe pas à l’augmentation du nombre de chômeurs et de la pauvreté. Comme dans de nombreuses communes, les demandes d’aides au CCAS augmentent. Comment répond-on à ces demandes avec des moyens en baisse ? Comment Montigny peut-elle rester une ville solidaire ?

Des maires de votre sensibilité, monsieur le Maire, ont dénoncé cette réforme.

Pour rappel, la baisse si importante des dotations a été annoncée après les élections municipales. Beaucoup de maires reportent ou renoncent à des investissements et des services rendus au public annoncés durant leurs campagnes électorales. On a changé les règles du jeu après les élections et cela pose un problème démocratique.

À cela se rajoute le gel des dotations depuis 2011, la réforme de la taxe  professionnelle qui enlève un levier fiscal à la commune en permettant d'augmenter l'impôt sur les entreprises et non sur les ménages.

D’ailleurs, il serait bien de connaitre le montant de la perte financière pour notre commune suite à ces dispositions législatives.

De plus, quel est le coût de la mise en place des nouveaux rythmes scolaires ? Car si le fond d'amorçage est maintenu pour cette année, cela ne sera pas le cas pour les années suivantes. Comment va-t-on faire pour les budgets à venir ?

Dans le document fourni il est écrit que la baisse des dotations représente pour la ville  sur 3 ans 590 000 euros. Pour imager, cela représente l’équivalent de 19 postes de fonctionnaires territoriaux.

Bien sûr, on peut faire des économies, optimiser nos dépenses, dispositions qu’il faut faire et effectuer en concertation avec les agents des services. Mais le fond du problème, c’est que cette politique d’austérité nous amène droit dans le mur monsieur le Député-Maire.

Je ne vous cache pas que nous sommes inquiets quand il est affirmé que le remplacement des agents sera au cas par cas, car cela nous laisse présager une dégradation des conditions de travail des agents territoriaux qui payent dejà chèrement l’austérité par le gel de leur salaire.

Le mouvement social de septembre dernier est un marqueur significatif des difficultés que rencontrent les agents qui réclamaient le remplacement des collègues malades, l’embauche de personnels sur la pause méridienne au regard des effectifs de cantines.

Le ressenti de bons nombres d’agents est identique dans de nombreux services car si l’introduction des moyens informatisés peut alléger certaines fonctions, il n’en demeure pas moins qu’il faut mettre des humains derrière pour les faire fonctionner, tout en assurant un travail de proximité en direction des familles qui subissent de plein fouet la crise et qui demandent un accompagnement renforcé.

Lorsque l’on parle de meilleure adéquation possible entre l'évolution de nos besoins et le développement des compétences des agents, tous les travailleurs savent que ces termes sont souvent synonymes de détérioration des conditions de travail.

Au mois de mars vous allez nous présenter un budget que vous aurez, comme toutes les autres collectivités, du mal à boucler. Mais cela va être pire dans les années à venir.

Le 22 janvier dernier, de nombreux maires de gauche ont protesté en faisant grève, grève symbolique, mais qui a le mérite de montrer la gravité de la situation, car je le redis cette réforme est injuste vis-vis des populations qui souffrent et est insupportable pour les collectivités et donc pour notre ville.

Nous prendrons des initiatives dans les semaines à venir, pour que très largement, les élus, la population avec les agents de la ville demande l’arrêt de la baisse des moyens données aux collectivités.

Déclaration de Pascal Videcoq, président du groupe des élus du front de gauche.