Avec 36,34 % des suffrages exprimés et 149 sièges au parlement grec (la Vouli), Syriza, le parti de la gauche alternative, frôle la majorité absolue de 151 sièges.
Après cinq années de calvaire social, de gâchis économique et de tutelle politique, le peuple grec a exprimé un rejet sans appel des politiques d’austérité qui ont laissé le pays exsangue. Ils ont placé leurs espoirs bien à gauche, en offrant une victoire historique à Syriza. Le parti d’Alexis Tsipras devance largement la Nouvelle Démocratie du premier ministre conservateur, Antonis Samaras (28,93 %), sévèrement sanctionné.

Un peuple mobilisé pour imposer le renégociation de la dette grecque.
En prônant la renégociation et l’effacement partiel d’une dette non viable, Alexis Tsipras est apparu comme le responsable politique le plus réaliste. Guetté à Bruxelles et à Berlin, attendu au tournant par ses adversaires politiques autant que par une partie de l’oligarchie qui redoute ses promesses de justice sociale et fiscale, Alexis Tsipras espère pouvoir compter sur la mobilisation du peuple grec pour imposer la renégociation de la dette et rompre avec des choix néolibéraux destructeurs.
Par-delà les frontières du pays, c’est aussi l’avenir européen d’une gauche capable de se confronter aux forces de l’argent qui se joue sur la scène grecque. Les attentes sont immenses, la tâche est prométhéenne.

(extrait de l’article Rosa Moussaoui pour L’Humanité)